{"id":1430,"date":"2015-06-15T09:18:47","date_gmt":"2015-06-15T08:18:47","guid":{"rendered":"http:\/\/rencontres-i-2015.theatre-hexagone.net\/?page_id=1430"},"modified":"2015-06-15T09:18:47","modified_gmt":"2015-06-15T08:18:47","slug":"faire-theatre-au-xxie-siecle","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.rencontres-i.eu\/faire-theatre-au-xxie-siecle\/","title":{"rendered":"FAIRE TH\u00c9\u00c2TRE AU XXIe SI\u00c8CLE"},"content":{"rendered":"
S\u2019interroger sur ce que c\u2019est que faire th\u00e9\u00e2tre au XXIe si\u00e8cle c\u2019est tenter d\u2019\u00e9claircir et de comprendre les enjeux qui se posent au spectacle vivant \u00e0 un moment o\u00f9 sa mati\u00e8re et son sujet sont pris dans des mouvements de mutation \u00e0 grande \u00e9chelle. Sa mati\u00e8re : les techniques qu\u2019il mobilise, les corps qui l\u2019incarnent, les attentions auxquelles il s\u2019adresse, les imaginaires qu\u2019il coproduit, et son sujet : l\u2019humain et le monde, sont remodel\u00e9s par les mutations sociales, technologiques et environnementales (environnement social, \u00e9cologique, culturel, m\u00e9diatique…) que nous vivons et dont nous participons. Cette interrogation s\u2019inscrit d\u00e8s lors dans un mouvement large de recherche. <\/span><\/span><\/p>\n \u00ab Les arts de la sc\u00e8ne sont confront\u00e9s \u00e0 un redoutable d\u00e9fi: comment rendre compte de ce pr\u00e9sent mondialis\u00e9 ? Comment en faire le r\u00e9cit ? En dire toute l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 ? La r\u00e9ponse passe forc\u00e9ment par la technique.\u00bb \u00c9crit Bruno Tackels dans son dernier ouvrage, Les \u00c9critures de plateau<\/em>. Charg\u00e9 de mission pour la recherche \u00e0 la DGCA (Direction g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 la cr\u00e9ation artistique du minist\u00e8re de la Culture et de la Communication), c\u2019est lui qui animera autour de la question des nouvelles \u00e9critures, ce colloque qui se tient \u00e0 un moment o\u00f9 la DGCA construit un dispositif de recherche pour le th\u00e9\u00e2tre. <\/span><\/p>\n Ce colloque ne se penchera pas sur la recherche en mati\u00e8re th\u00e9\u00e2trale au sens strict. Chaque artiste d\u00e9veloppe sa propre recherche. Ce qui en sera le fil conducteur c\u2019est bien en quoi la relation du th\u00e9\u00e2tre avec les sciences et technologies, dessine de nouvelles mani\u00e8res de raconter, porte de nouveaux r\u00e9cits. <\/span><\/p>\n Cette recherche est con\u00e7ue comme inter-m\u00e9diale (notamment par les usages du num\u00e9rique), interdisciplinaire (le th\u00e9\u00e2tre agr\u00e9geant toutes les formes artistiques, des plus archa\u00efques aux plus technologiques, par sa capacit\u00e9 \u00e0 faire \u0153uvre de tout). Cette recherche entre par l\u00e0 en contact avec le domaine de l\u2019arch\u00e9ologie des m\u00e9dias, qui s\u2019attache \u00e0 cerner les caract\u00e9ristiques et les origines des supports de l\u2019information, des formes m\u00e9diatiques qui constituent notre environnement attentionnel. Elle entre aussi en contact avec une acception large du design par une vision \u00e9tendue de la dramaturgie. La dramaturgie faisant le lien entre l\u2019espace du th\u00e9\u00e2tre et l\u2019espace social d\u2019usage des techniques. Elle pourra ainsi s\u2019attacher \u00e0 une forme de futurologie des m\u00e9dias dans une perspective d\u2019innovation : quelles sont les mani\u00e8res de raconter le monde, de dire les histoires, avec les outils en cours d\u2019invention, que nous pourrions ou devons inventer ?<\/span><\/p>\n Cette recherche est \u00e9galement politique, parce qu\u2019elle s\u2019engage dans les perspectives de l\u2019\u00e9cologie de l\u2019attention, dans la guerre des imaginaires \u00e0 l\u2019\u0153uvre \u00e0 l\u2019\u00e9chelle plan\u00e9taire tant dans la lutte contre les <\/span>obscurantismes et pour une la\u00efcit\u00e9 universaliste, que dans la r\u00e9sistance et la capacit\u00e9 \u00e0 construire une alternative au r\u00e9cit libertarien de la singularit\u00e9. <\/span><\/p>\n Il s\u2019agit, par ce colloque, de nourrir le travail, les m\u00e9thodes et les perspectives des diff\u00e9rents r\u00e9seaux qui, sur le territoire, \u0153uvrent \u00e0 la relation entre arts et sciences; mais \u00e9galement de soutenir l\u2019\u00e9laboration de la Charte de la TRAS – la Transversale des R\u00e9seaux entre Arts et Sciences – qui a montr\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019agir tout au long d\u2019une cha\u00eene allant de la recherche \u00e0 l\u2019\u00e9ducation artistique, scientifique et technique en passant par la cr\u00e9ation, la production, la diffusion, la formation et l\u2019\u00e9dition. L\u2019ensemble de ces \u00e9l\u00e9ments montre la n\u00e9cessit\u00e9 de construire un nouveau registre esth\u00e9tique, c\u2019est-\u00e0-dire une nouvelle mani\u00e8re d\u2019envisager la place de l\u2019art dans la soci\u00e9t\u00e9, dans le champ de ce que Bernard Stiegler appelle la n\u00e9guanthropologie, c\u2019est-\u00e0-dire un projet de civilisation qui envisage le d\u00e9passement de l\u2019anthropoc\u00e8ne, cette \u00e8re d\u00e9finie par Paul J. Crutzen comme celle o\u00f9 l\u2019homme devient un acteur de l\u2019histoire biophysique de la plan\u00e8te en y produisant du chaos. D\u00e9passer l\u2019anthropoc\u00e8ne suppose de construire les r\u00e9f\u00e9rentiels d\u2019imaginaires individuels et collectifs capables de surmonter les imaginaires de chaos et de destruction, les imaginaires de surpuissance majoritairement diffus\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9 du spectacle.<\/span><\/p>\n Le projet \u00e0 long terme de ce colloque est de dessiner les grandes lignes d\u2019une dynamique de recherche sur l\u2019\u00e9criture (au sens d\u2019\u00e9criture des m\u00e9dias, ce qui englobe le texte mais aussi l\u2019\u00e9criture de plateau, l\u2019\u00e9criture de sc\u00e9narii, pour la vid\u00e9o pour le net, pour l\u2019exposition \u2013 logique interm\u00e9diale) telle qu\u2019elle est influenc\u00e9e par l\u2019in\u00e9vitable contexte de la culture qui est indissociablement artistique, scientifique et technique. Dynamique qui s\u2019incarnera dans le rapprochement en construction du futur CNAS (Centre National Arts Sciences) avec l\u2019UMR Litt&Arts de l\u2019Universit\u00e9 de Grenoble Alpes. <\/span><\/p>\n La prise de comp\u00e9tence en mati\u00e8re de culture scientifique et technique par la nouvelle m\u00e9tropole de Grenoble, les r\u00e9centes s\u00e9ances de travail avec les acteurs de la culture scientifique, les travaux avec un groupe plus restreint (avec le CCSTI la Casemate, le Mus\u00e9um de Grenoble, le projet de Plan\u00e9tarium \u00e0 Pont-de-Claix), avec notre partenaire historique qu\u2019est le CEA, avec les partenaires de l\u2019Atelier de l\u2019Imaginaire, apportent \u00e0 ce rendez-vous un enjeu suppl\u00e9mentaire: accompagner un projet de territoire naissant. <\/span><\/p>\n Ce projet ne part pas de rien. Les multiples initiatives associatives, universitaires, le travail r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 l\u2019Atelier Arts Sciences gr\u00e2ce au partenariat fort entre le CEA et le futur Centre National Arts Sciences, les initiatives issues des Biennale Arts Sciences successives, la vigueur du dispositif de culture scientifique et technique du CCSTI de Grenoble et ses multiples partenaires, montrent la capacit\u00e9 de travail en commun, la qualit\u00e9 du terreau de la M\u00e9tropole. <\/span><\/p>\n Le terreau grenoblois n\u2019est pas pris ici en exemple, il est envisag\u00e9 comme lieu d\u2019\u00e9mergence de la construction de nouveaux imaginaires, fruits d\u2019une histoire \u00e0 la fois locale et mondialis\u00e9e, en interaction avec de multiples r\u00e9seaux r\u00e9gionaux, nationaux, europ\u00e9ens et internationaux. Le territoire de Grenoble est un acteur mondial majeur en mati\u00e8re de recherche scientifique et technologique. Il participe pleinement \u00e0 la production des m\u00e9dias du futur. Si la technologie n\u2019a pas en elle-m\u00eame de sens, ses modes d\u2019utilisation en sont porteurs et sont un enjeu pour le devenir collectif.<\/span><\/p>\n Antoine Conjard<\/span> D\u00e9roul\u00e9<\/span> <\/strong><\/span><\/p>\n \u0086 10h <\/strong>:<\/strong><\/span> Ouverture par Antoine Conjard<\/strong><\/span><\/p>\n \u0086 10h20<\/strong> <\/span>: Introduction sur la recherche en mati\u00e8re de th\u00e9\u00e2tre contemporain par Bruno Tackels<\/strong><\/span><\/p>\n \u0086 10h30<\/span><\/strong> <\/span>:\u00a0Dramaturgie(s) de l’objet technique<\/span> – Julie Val\u00e9ro, Dominique David<\/strong><\/span><\/p>\n \u0086 11h15<\/strong> <\/span>: Gestes th\u00e9\u00e2traux et subjectivit\u00e9s computationnelles – Yves Citton<\/strong><\/span><\/p>\n \u0086\u0086 Repas 12h30<\/strong><\/span> – Visite EXPERIMENTA<\/a> \u0085\u0085<\/span><\/p>\n \u0086 14h<\/span><\/strong><\/span> : Premi\u00e8re table ronde autour de la publication : L\u2019Atelier de l\u2019imaginaire, jouer l\u2019action collective<\/em> – <\/span>Thierry M\u00e9nissier, Luc Gwiazdzinski, Fabienne Martin Juchat, Serge Gros, Antoine Conjard<\/span><\/strong><\/p>\n \u0086 15h <\/strong><\/span>: L\u2019\u00e9ducation artistique et culturelle dans le contexte du croisement arts et sciences – Brigitte <\/strong><\/span>Lallier-Maisonneuve<\/span><\/strong><\/p>\n \u0086 15h30<\/strong> <\/span>: Deuxi\u00e8me table ronde : <\/span>Mettre en sc\u00e8ne le savoir scientifique et technique au XXIe si\u00e8cle<\/span> –\u00a0 Jean Lilensten, Laurent Chicoineau, Antoine Depaulis, Fr\u00e9d\u00e9rique A\u00eft Touati<\/strong> <\/span><\/p>\n \u0086 16h30<\/strong><\/span> : La parole aux auteurs : \u2028Histoires scientifiques\u2028 – Carole Thibaut, Alexandros Mistriotis<\/strong><\/span><\/p>\n \u0086 16h50\/17h<\/strong><\/span> : Conclusion par Bruno Tackels<\/strong><\/span><\/p>\n Journ\u00e9e ponctu\u00e9e par les interventions de Val\u00e9rie Cordy.<\/span><\/strong><\/p>\n T\u00e9l\u00e9chargez le dossier de pr\u00e9paration du colloque qui sera remis \u00e0 chaque participant.<\/strong> <\/a><\/p>\n LES INTERVENANTS<\/span><\/strong><\/p>\n \u00ad\u00ad\u00ad\u2666 <\/span><\/span>YVES CITTON<\/span><\/strong> \u00ad\u00ad\u00ad\u2666 <\/span><\/span>ANTOINE DEPAULIS\u2028 <\/strong><\/span> \u00ad\u00ad\u00ad\u2666 <\/span><\/span>CAROLE THIBAUT<\/strong>\u2028 <\/span>
\nDirecteur de l\u2019Hexagone Sc\u00e8ne Nationale Arts Sciences – Meylan<\/span><\/p>\n
\nEnseignant-chercheur, HDR, Professeur des Universit\u00e9s en litt\u00e9rature fran\u00e7aise du XVIIIe si\u00e8cle \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Stendhal \u2013 Grenoble 3, il est membre de l\u2019\u00e9quipe LITT&ARTS et co-directeur de la revue Multitudes. Dans le domaine des \u00e9tudes de l\u2019attention il a publi\u00e9 r\u00e9cemment Pour une \u00e9cologie de l\u2019attention<\/em> (Paris, Seuil, 2014). Il s\u2019int\u00e9resse aussi \u00e0 l\u2019arch\u00e9ologie des m\u00e9dias et a publi\u00e9 Gestes d\u2019humanit\u00e9s. Anthropologie sauvage de nos exp\u00e9riences esth\u00e9tiques<\/em> (Armand Colin, 2012), Renverser l\u2019insoutenable<\/em> (Seuil, 2012), Zazirocratie. Tr\u00e8s curieuse introduction \u00e0 la biopolitique et \u00e0 la critique de la croissance<\/em> (Paris, \u00c9ditions Amsterdam, 2011), L\u2019Avenir des Humanit\u00e9s. \u00c9conomie de la connaissance ou cultures de l\u2019interpr\u00e9tation ?<\/em> (\u00c9ditions de la D\u00e9couverte, 2010), ainsi que Mythocratie. Storytelling et imaginaire de gauche<\/em> (\u00c9ditions Amsterdam, 2010). <\/span><\/p>\n
\nNeurobiologiste et directeur de recherche \u00e0 l\u2019Inserm au Grenoble-institut des neurosciences, il y dirige depuis 2003 une \u00e9quipe compos\u00e9e de biologistes et de cliniciens dont le travail porte sur la compr\u00e9hension des r\u00e9seaux de neurones et de cellules gliales qui g\u00e9n\u00e8rent ou contr\u00f4lent les crises d\u2019\u00e9pilepsie. Outre ses publications scientifiques, il a coordonn\u00e9 plusieurs actions vers le grand public et les associations de malades, a r\u00e9alis\u00e9 des films d\u2019animation et sert \u00e0 l\u2019occasion de \u00ab poisson pilote \u00bb dans l\u2019univers des Neurosciences pour des artistes que le cerveau inspire. <\/span><\/p>\n
\nAuteure, metteuse en sc\u00e8ne et com\u00e9dienne, elle dirige la Cie Sambre avec laquelle elle cr\u00e9e la plupart de ses spectacles depuis vingt ans. Elle est \u00e9galement directrice artistique de Confluences (Paris 20e), artiste associ\u00e9e au Th\u00e9\u00e2tre du Nord\u2013CDN de Lille-Tourcoing et elle prend la direction du Centre dramatique national de Montlu\u00e7on en cette rentr\u00e9e. Elle pr\u00e9pare \u00e9galement un travail d\u2019\u00e9criture pour l\u2019Atelier Arts Sciences. Passionn\u00e9e par toutes les formes d\u2019\u00e9critures (sc\u00e9niques, num\u00e9riques, textuelles, orales…), elle alterne les cr\u00e9ations pour de grands plateaux (en 2015-16 Monkey <\/em><\/strong><\/a><\/span>Money<\/em><\/strong><\/a>), des solos (Fantaisies), des performances (Longwy Texas<\/em>, conf\u00e9rence intime et perform\u00e9e autour de la <\/span>sid\u00e9rurgie lorraine, qu\u2019elle cr\u00e9era \u00e9galement cette saison), ou encore des installations num\u00e9riques immersives (2015 Une <\/em><\/span>liaison contemporaine<\/em>). Artiste engag\u00e9e, sa d\u00e9marche de cr\u00e9ation est \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 des rencontres avec des <\/span>publics de toutes origines. <\/span><\/p>\n